C'est une question que je me suis posée lors de ma première hijra. Pas en théorie, pas dans un livre, mais en regardant des enfants autour de moi. Des enfants issus du cursus français, arrivés dans un nouveau pays avec leurs parents, pleins d'espoir. Et peu à peu, j'ai vu ce qui se passait réellement.
Des enfants refusés à l'entrée des écoles locales. Des enfants acceptés mais mis de côté, parce que l'enseignant ne savait pas quoi faire d'eux. Des enfants qui stagnaient dans des classes anglophones parce que leur niveau de langue n'était pas suffisant. Des enfants qui n'avançaient nulle part, ni dans le cursus qu'ils avaient quitté, ni dans celui qu'ils essayaient d'intégrer.
Ce constat m'a marquée. Et il mérite qu'on en parle franchement.
Ce que personne ne t'explique avant de partir
Quand une famille fait le choix de la hijra, la question de la scolarité des enfants est souvent traitée en dernier. On pense logement, on pense administratif, on pense communauté. Et puis on se dit : « Pour l'école, on verra sur place. »
Sur place, la réalité est souvent plus complexe qu'anticipé.
Les écoles publiques locales fonctionnent avec leur propre programme, leur propre rythme, leur propre langue d'instruction. Un enfant scolarisé en France depuis toujours, habitué au système français, à ses codes, à ses méthodes, arrive dans une école qui ne sait pas comment l'accueillir. Il lit déjà. Il écrit déjà. Alors l'enseignant se dit : « Bon, il sait lire, c'est déjà bien. » Et il le laisse là.
Mais savoir lire en français et suivre un programme en arabe, ce sont deux choses qui n'ont rien à voir. La différence de niveau peut être abyssale, dans un sens comme dans l'autre. L'enfant peut être très en avance sur certains points, complètement largué sur d'autres. Et sans accompagnement spécifique, il ne progresse nulle part. Il flotte.
Les écoles anglophones posent un problème différent mais tout aussi réel. Le niveau en anglais de ces enfants est souvent insuffisant pour suivre un programme complet dans cette langue. Certaines structures proposent des dispositifs de remédiation, des classes passerelles, un accompagnement linguistique adapté. C'est excellent. Mais ces dispositifs ont un coût. Toutes les familles n'ont pas les moyens de les financer. Et toutes les villes n'ont pas ces structures à proximité.
Résultat : des enfants qui passent des mois, parfois des années, dans un entre-deux scolaire. Ni vraiment dans le cursus d'origine, ni vraiment intégrés dans le nouveau. Une perte de temps précieuse, dans les années où le cerveau absorbe le plus.
Et l'école française à l'étranger ?
La réponse évidente, celle que beaucoup de familles envisagent en premier, c'est l'école française à l'étranger. Le réseau des établissements homologués par l'Éducation nationale existe dans de nombreux pays. Le programme est identique à celui de la France. La continuité scolaire est garantie.
Sauf que cette continuité a un prix, et pas seulement financier.
Une école française à l'étranger, c'est la France. Avec tout ce que cela implique. Un programme qui n'a pas été pensé pour des familles musulmanes. Une vision du monde, des références culturelles, des célébrations qui ne sont pas les nôtres. Noël en décembre, Pâque en avril, des classes mixtes, des cours où l'on ne choisit pas le répertoire. Et des contraintes du quotidien qui pèsent : comment prier entre les cours ? Comment faire pour le hijab ? Dans certains établissements, le voile n'est tout simplement pas autorisé pour les élèves.
Ce n'est pas une critique de ces écoles en tant qu'institutions. C'est un constat simple : elles n'ont pas été conçues pour nous. Et y inscrire nos enfants en faisant semblant que ça ne pose aucun problème, c'est ignorer quelque chose d'essentiel.
La hijra, pour beaucoup de familles, est un choix de fond. Un choix de vie, de valeurs, d'environnement. Mettre ses enfants dans une école française à l'étranger, c'est parfois reproduire exactement l'environnement qu'on cherchait à quitter, avec en prime le coût d'une scolarité privée internationale.
La vraie question : qu'est-ce qu'on veut pour nos enfants ?
Certaines familles veulent cumuler deux cursus. Garder le programme français pour ne pas fermer de portes, tout en immersant leurs enfants dans la langue et la culture du pays d'accueil. C'est une ambition légitime. Mais elle demande une organisation que tout le monde ne peut pas se permettre.
D'autres ont peur de perturber leurs enfants. Changer de pays, c'est déjà un choc. Changer de système scolaire en même temps, c'est un double bouleversement. Et cette peur est fondée : la continuité dans l'apprentissage est un facteur réel de stabilité pour un enfant en situation de transition.
D'autres encore cherchent simplement à ne pas perdre d'années. À ce que leur enfant continue à progresser, quoi qu'il arrive, sans attendre qu'une école locale l'accepte, qu'un dossier soit traité, qu'une place se libère.
Toutes ces situations ont un point commun : elles ont besoin d'une solution qui ne dépend pas du pays dans lequel on se trouve.
L'école en ligne : une alternative, ou la meilleure solution ?
L'école en ligne est souvent présentée comme un « plan B ». Un recours quand rien d'autre ne fonctionne. Je veux nuancer cette idée.
Pour un enfant en situation de hijra, l'école en ligne n'est pas un pis-aller. Elle peut être, selon les profils et les situations, la solution la plus cohérente, et parfois la meilleure.
Voici pourquoi.
Le cursus ne bouge pas. Peu importe que la famille soit en Algérie, en Turquie, en Mauritanie, aux Émirats ou ailleurs. L'enfant suit le même programme, avec les mêmes enseignants, dans la même structure. Pas de rupture. Pas de temps perdu à s'adapter à une nouvelle organisation scolaire. La continuité est totale.
L'environnement est choisi. Dans une école en ligne musulmane, le cadre est cohérent avec les valeurs de la famille. Les références culturelles, les exemples utilisés en classe, la liberté de pratiquer entre les cours : tout cela est aligné. L'enfant n'a pas à jongler entre deux mondes.
La flexibilité horaire permet l'immersion locale. Un enfant scolarisé en ligne le matin peut suivre des cours d'arabe l'après-midi, s'intégrer à des activités de la communauté locale, apprendre la langue du pays sans que cela entre en concurrence avec son cursus principal. L'école en ligne ne ferme pas les portes, elle libère du temps et de l'énergie pour les ouvrir.
Mais il y a quelque chose de plus fondamental encore.
L'école en ligne, quand elle est bien construite, prolonge un environnement sain, celui de la maison. Ce n'est pas moins que l'école traditionnelle. C'est différent. Et pour certains enfants, c'est mieux.
Ce que ça demande, soyons honnêtes
L'école en ligne n'est pas magique. Elle demande quelque chose aux familles.
Elle demande de l'organisation. Un espace dédié au travail. Un rythme tenu. Un parent disponible pour accompagner, même sans enseigner. Ce n'est pas rien, surtout dans la période de transition que représente une hijra.
Elle demande aussi de choisir la bonne structure. Toutes les écoles en ligne ne se valent pas. Certaines proposent un simple accès à des cours enregistrés. D'autres offrent un vrai suivi, des enseignants disponibles, des classes virtuelles en direct, un accompagnement personnalisé de l'élève. La différence entre ces deux réalités est immense.
Et elle demande de sortir d'une idée reçue tenace : celle que l'école en ligne est équivalente à l'école physique. Ce n'est pas le cas, et cela ne le sera jamais.
Ce que nous proposons à Alif Genesis Online School
Alif Genesis Online School a été construite, entre autres, pour répondre à cette réalité. Celle des familles en mouvement. Celles qui ont fait le choix de la hijra, de l'expatriation, du homeschooling assumé. Celles qui veulent un cursus français sérieux, sans sacrifier leurs valeurs, sans dépendre de la géographie.
Notre programme suit le référentiel de l'Éducation nationale française. Nos enseignants sont formés.
Nous ne sommes pas un plan B. Nous sommes un choix.
La hijra demande beaucoup de sacrifice. Elle mérite d'être préparée avec lucidité, y compris sur la question scolaire. Vos enfants ne devraient pas en payer le prix par des années perdues, des trajectoires brisées, des identités morcelées entre deux systèmes qui ne les reconnaissent ni l'un ni l'autre.
Ils méritent une école qui les attend, où qu'ils soient.